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travaux:reflexions:retribution-et-communs

Les communs, la rétribution, à quoi ça nous fait penser ?

Paysage et définition

Perpétuer des activités à fort enjeu social et peu d'enjeux commerciaux

Note: les réflexions ci dessous sont mal parties, en confondant rétribution et don. La rétribution est là en l'échange d'un travail. Le don est plus “libre”.

La «rétribution» est un geste non obligatoire. Avec souvent comme marché tacite que «l'activité / le service» peut cesser s'il n'y a plus rétribution.

L'idée du «don» en l'échange d'un temps bénévole n'est pas nouvelle.

Il fut un temps où les webmasters mettaient des jolis boutons paypal. Souvent sans succès, en tout cas avec moins de succès que la publicité rémunérée.

Certains sites (notamment liés à la distribution de contenus audiovisuels non autorisée) parviennent à récolter des dons.

Le prix libre est pratiqué généralement avec succès, pour «rentrer dans les frais».

Les «campagnes de financement participatif» fonctionnent à peu près : c'est le bling bling qui l'emporte, et donc le marketing.

Quelle ambition peut avoir la rétribution ?

S'agit-il de rentrer dans ses frais, d'offrir un salaire aux bénévoles, ou d'autre chose ?

Non, le but de la rétribution n'est sans doute pas d'offrir une alternative au salaire, ni d'être un moyen de subsistance. Cela permet, du moins pour le moment, que les personnes qui s'investissent n'aient pas à *trop* investir mais puissent récupérer une partie de leur investissement, ne serait-ce que pour poursuivre leur activité.

Modèle social :

  • des activités remboursées
  • travail, des activitées rémunérées
  • bénévolat, absence de formalisation de la rémunération ?

Il apparaît que «la rétribution» correspond à un besoin et à une pratique, les plateformes de “répartition” sont utilisées, les usagers en font la promotion (on peut les soupçonner de vouloir plus de gens pour obtenir plus de sous, des soupçons existent notamment sur le fait que Bitcoin soit une pyramide de Ponzi, mais il peut aussi s'agir d'une volonté de faire fonctionner une économie, et donc simplement de la rendre effective : les échanges monétaires deviennent possibles).

Le frein à l'adoption fait que les échanges monétaires ne sont pas toujours possible, et que l'engrenage ne parvient pas à s'enclencher. S'il s'agit de financer par exemple la plateforme The Pirate Bay, est-ce que ses usagers sont déjà en possession d'un portefeuille Bitcoin ?

Schéma 1 : Bienfaiteurs (classse aisée), bénévoles (classe moyenne), assistés (classe défavorisée). Les bénévoles ne peuvent pas toujours assumer à la fois l'investissement en temps, et en argent. Si ce sont les classes sociales défavorisées qui sont visées par les bénévoles, ces dernières ne peuvent pas être les payeuses, comme dans un rapport commercial conventionnel. Le bénévole doit donc trouver l'argent de sa propre poche, ou d'autres personnes solidaires.

Schéma 2 : les bienfaiteurs sont aussi les assistés. Le rapport de classe apparaît moins ici.

Qq notions liées à la précarité :

  • seuil de pauvreté :
  • posséder des papiers
  • avoir un toit
  • avoir un emploi

La rétribution en tant que modèle social, qu'imagine t-on ?

Le Revenu de Base

Les aides sociales (RSA...)

Questions

  • La rétribution s'inscrit dans quelle lignée politique ?
  • S'agit-il vraiment de valoriser le travail bénévole ou de le quantifier ? Quantifier des pratiques qui jusque là étaient épargnées de tout rapport d'insubordination à la monnaie, c'est ce que fait le libéralisme économique. On ose encore se demander ce que “vaut” l'autre ou ce qu'on vaut soi-même bien que nous soyions dans des situations qui éxigent des solidarités immédiates. On s'en fout du mérite.
  • Est-ce que le Revenu cacahuète peut évoluer pour devenir plus significatif, et vraiment soutenir l'investissement bénévole ?
  • Le revenu cacahuète peut-il être une source primaire de revenu, ou bien une façon de renflouer un salaire insuffisant ?
  • Pourquoi y a-t-il des bénévoles ?
  • Innovation sociale, revenu cacahuète, foutage de gueule ? La rétribution est-elle un mirage pour le précaire ?
  • Si en tant que bon bénévole ma comunauté me fournit un revenu cacahuète, est-ce que je vais m'en sortir et ne plus avoir à m'inscrire au Pole Emploi ni à quémander un RSA ?
  • Ne crachons pas dessus, il peut s'agir d'une micro-économie pour rembourser les frais engendrés par une activité. Mais les bénévoles n'ont toujours rien à se mettre dans les poches. Est-ce vraiment ça, pouvoir continuer à suivre sa petite passion (qui au demeurant peut avoir une forte utilité sociale) sans en même temps fournir à la fois l'énergie et l'argent (investi car on ne pouvait raisonnablement pas faire autrement) ?
  • Peut-on proposer un confort de vie à la population tant que l'idéologie du travail subsiste ?
  • Ne faut-il pas plutôt rompre sa dépendance au monde marchand ?

Notre position

  • Prudence par rapport à la possibilité d'obtenir un revenu substantiel via ces solutions. Un peu comme le loto, ce ne sera possible que pour une minorité bien marketée.
  • Nous ne devrions pas taire le fait que l'origine du problème se situe dans notre modèle économique (et social) actuel. Le contrôle de la monnaie par les banques d'une part, le monde du travail de l'autre. Les deux contribuent à répandre la précarité.
  • Les micro-échanges monétaires correspondent à un réel besoin et sont donc un outil pratique pour des personnes, notamment bénévoles oeuvrant vers l'intérêt général et la solidarité. Bien que l'adoption soit encore trop faible pour que les rouages soient huilés, ce qui cantonne l'usage à un certain profil de personne qui connaît et sait utiliser ces outils.
  • S'il s'agit de faire évaluer sa force de travail par les pairs plutôt que par les patrons. On ne sort pas de la marchandisation de l'humain, de sa force de travail et de son produit, on reste dans du prolétariat et l'asservissement de l'humain à l'économie.

Points retenus de tout ce charabia

A un fonctionnement effectif, rentrer dans ses frais :

  • Un certain nombre d'activités cherche à rentrer dans leurs frais, d'autant plus envisageable que les frais ne sont pas astronomiques (prix libre, publicité, minage de bitcoin), servent à financer sites web, production d'albums CDs, défrayer des groupes qui jouent en concert…
  • Non, le but de la rétribution n'est sans doute pas d'offrir une alternative au salaire, ni d'être un moyen de subsistance. Cela permet, du moins pour le moment, que les personnes qui s'investissent n'aient pas à *trop* investir mais puissent récupérer une partie de leur investissement, ne serait-ce que pour poursuivre leur activité.
  • Les micro-échanges monétaires correspondent à un réel besoin et sont donc un outil pratique pour des personnes, notamment bénévoles oeuvrant vers l'intérêt général et la solidarité. Bien que l'adoption soit encore trop faible pour que les rouages soient huilés, ce qui cantonne l'usage à un certain profil de personne qui connaît et sait utiliser ces outils.

Une économie conçue pour arranger ceux qui l'ont conçue et en comprennent les règles :

  • Les «campagnes de financement participatif» fonctionnent à peu près mais ont un gros problème : elles dépendent de l'attention (plus facile de financer la «tendance» que «l'utile»), autrement dit ces modèles de rémunération sont très sujets au marketing.
  • Même problème avec les plateformes de “répartition”, il s'agit de se valoriser et de se démarquer des autres.
  • On soupçonne Bitcoin d'être une pyramide de Ponzi, ou en tout cas l'existence de personnes très riches dûes à des causes qu'elles ont elles-même créées.
  • Prudence par rapport à la possibilité d'obtenir un revenu substantiel via ces solutions. Un peu comme le loto, ce ne sera possible que pour une minorité bien marketée.

Il manque au modèle une analyse sociale et politique :

  • La rétribution s'inscrit dans quelle lignée/courant politique ?
  • Pour chaque modèle économique envisagé, quel est le rapport de classes sous-jacent ? Ce rapport de classe est-il révolutionnaire (enclenche t-il son propre renversement ?)
  • S'agit-il vraiment de valoriser le travail bénévole ou de le quantifier ? Quantifier des pratiques qui jusque là étaient épargnées de tout rapport d'insubordination à la monnaie, c'est ce que fait le libéralisme économique.
  • S'il s'agit de faire évaluer sa force de travail par les pairs plutôt que par les patrons. On ne sort pas de la marchandisation de l'humain, de sa force de travail et de son produit, on reste dans du prolétariat et l'asservissement de l'humain à l'économie.
  • Nous ne devrions pas taire le fait que l'origine du problème se situe dans notre modèle économique (et social) actuel. Le contrôle de la monnaie par les banques d'une part, le monde du travail de l'autre. Si la rétribution ne cherche qu'à coexister avec ces modèles, alors elle n'en fait pas la critique et n'est pas porteuse d'avancée sociale. Note : le Bitcoin a un temps effrayé les banquiers.
  • Quel rapport avec les autres moyens de subsistance. Si en tant que bon bénévole ma comunauté me fournit un revenu cacahuète (rétribution), est-ce que je vais m'en sortir et ne plus avoir à m'inscrire au Pole Emploi ni à quémander un RSA ?
  • Un problème : la précarité, comment y répondre ? (ici, on est peut-être hors sujet). Le précaire a-t-il quelque chose à espérer de la rétribution ?
travaux/reflexions/retribution-et-communs.txt · Dernière modification: 2018/12/06 13:54 par cacatoes